Creuser jusqu'où?
  • Éditeur québécois

Partout, l'heure est à l’intensification de l’exploitation industrielle des «ressources naturelles». Forêts, eau douce, minerais, sable, rivières, faune sauvage, gaz de schiste, pétrole, terres fertiles, paysages grandioses: tout y passe! La justification de ces efforts est partout la même: cette exploitation est un facteur de croissance essentiel dont il serait fou de ne pas profiter alors que les emplois manquent et que les États sont endettés. C’est le choix de l’extractivisme. Si ce phénomène suscite des débats, ceux-ci ne portent généralement que sur les conditions de l’exploitation de ces richesses: qui va vraiment profiter de ces ressources? Comment ne pas faire trop de dégâts en les mettant à profit? Est-ce le bon moment de les exploiter?

Et si, au lieu de se préoccuper de la bonne façon de partager ce «gâteau» (sans trop salir la nappe), on s’interrogeait plutôt sur la pertinence même de le consommer? Avons-nous vraiment besoin d’harnacher de nouvelles rivières, d’exploiter toujours plus de gisements de pétrole et de minerais, d’ouvrir de nouveaux territoires aux touristes, d’intensifier les cultures et l’élevage animal? Ne s’agit-il pas d’une fuite en avant, sur un chemin qui ne mène nulle part, sinon à la destruction pure et simple de notre habitat terrestre et de nos sociétés? Ne pourrions-nous pas vivre aussi bien, voire mieux, sans pratiquer ce type d’exploitation? Si oui, à quelles conditions?

Les auteur.e.s s’attaquent à ces questions difficiles en dénonçant la logique de l’extractivisme avant d’en souligner les principales limites physiques. Les effets destructeurs et irréversibles du processus économique sur les ressources naturelles dites «non renouvelables» (énergies fossiles, minerais, etc.) étant déjà à l’œuvre, les auteur.e.s s’attellent à décrire les alternatives possibles à ce «modèle de développement»: low-tech, transition énergétique, résistance autochtone et philosophie du buen vivir… Ils nous invitent à changer de paradigme pour penser les pistes d’actions nécessaires dans un futur post-extractiviste. Car à force de creuser, nous arrivons bel et bien aux limites de notre unique planète.

Table des matières

Table des matières
Couverture 1
Crédits 5
Table des matières 6
Avant-propos 11
Creuser jusqu’où ? 11
Le long chemin de l’extractivisme 15
La panacée. L’histoire du panax quinquefolius et le mirage de l’économie extractive 57
L’extractivisme en mutation 65
Privilèges corporatifs et préséance des droits miniers : l’exemple du Québec 88
Le Canada, l’extractivisme et le piège de l’économie primarisée 116
Dette illégitime et extractivisme 136
Mortifère croissance « verte » 161
Le sable : enquête sur une disparition 174
Hydrocarbures fossiles : la fin d’une ère ? 183
Faire l’économie de la nature 202
Les crises ouvrent-elles les esprits ? 227
Résister à l’extractivisme… et à « son monde » ? 245
Droit à l’autodétermination contre extractivisme : 271
Les low tech, la seule alternative crédible 284
Les trois formes de la transition écologique : modernisation ou dépassement du capitalisme ? 299
Comment construire un monde post-extractiviste ? 321
Creuser la terre pour incendier le ciel, la tragédie du mythe extractiviste 351
Moins d’humains ou plus d’humanité ? 369
À propos des auteur.e.s 378
Quatrième de couverture 386