Une école à la dérive
  • Éditeur québécois

Depuis l'implantation des premières écoles fédérales au milieu du siècle dernier, le système d'éducation au Nunavik n'a cessé d'être en crise. Absentéisme fréquent, faibles résultats scolaires, décrochage important des élèves au secondaire… le portrait est, hélas, familier. L'école échoue par ailleurs à enseigner adéquatement la culture inuite, ce qui attise les critiques à son égard.
Prenant appui sur son expérience personnelle à titre de suppléant dans le village de Kangirsuk, Nicolas Bertrand dresse le portrait de cette école dont la dérive a des racines profondes et complexes. Il réfléchit aussi à la manière de réformer ce système et démontre la difficulté de cette entreprise. Car tant et aussi longtemps que l'école sera perçue par les Inuits, à tort ou à raison, comme un obstacle et non comme une condition de leur émancipation, sa légitimité sera contestée et sa mission, compromise. De l'éducation de sa jeunesse dépend pourtant l'avenir du Nunavik qui, sans renier son passé, doit aussi accepter pleinement sa modernité.

Nicolas Bertrand s'envole pour Kangirsuk au moment où paraît Déjà, son premier roman (Hamac, 2010). Jusqu'en 2012, il séjourne dans ce village du Nunavik où il est, l'espace de quelques mois, suppléant au primaire et au secondaire. Depuis son retour dans le sud du pays, il enseigne la philosophie au Collège Montmorency à Laval.

Table des matières

Table des matières
Une école à la dérive. Essai sur le système d'éducation au Nunavik 1
Remerciements 9
INTRODUCTION • La mort de Rousseau 11
Un bref aperçu de l’organisation de l’école au Nunavik 25
CHAPITRE 1 • Un suppléant désemparé 25
Une offre d’emploi inattendue 28
L’école du laisser-faire 32
Un climat des plus malsains 39
La désorganisation de l’école Sautjuit 45
L’échec de l’école au Nunavik 56
CHAPITRE 2 • Une brève histoire de l’éducation au Nunavik 61
Les premiers contacts avec les Européens 66
L’arrivée des missionnaires et leur influence sur la vie des Inuits 68
L’éducation inuite traditionnelle 71
L’intervention de l’État canadien au Nunavik 74
Un système éducatif aux vues assimilationnistes 77
La sédentarisation des Inuits 80
L’entrée en scène du gouvernement québécois 82
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois 86
Le projet d’autonomie politique des Inuits du Nunavik 89
Le chemin parcouru depuis 1978 97
CHAPITRE 3 • L’adaptation des professeurs qallunaats à la vie au Nunavik 103
Quelques caractéristiques générales à propos des enseignants qallunaats 106
Le choc culturel 112
L’importance de l’alcool au Nunavik 129
Les Qallunaats : des oiseaux de passage 134
Quel rôle pour les enseignants qallunaats ? 137
CHAPITRE 4 • L’école en milieu inuit, ou le choc des cultures 143
Deux cultures incompatibles 144
Les savoirs inuits et les savoirs qallunaats 146
Deux styles d’enseignement très différents 151
Des valeurs et une socialisation contradictoires 157
Faire une plus grande place à la culture inuite 162
L’ethnocentrisme des professeurs qallunaats 165
L’ethnocentrisme au sein des écoles et du système scolaire 170
Au-delà de l’explication culturelle 173
CHAPITRE 5 • Le colonialisme, le régime de la réduction et la culture inuite 177
La réduction géographique 180
La réduction économique 181
La réduction politique 186
La réduction idéologique 193
La réduction idéologique et l’école du Nunavik 207
CHAPITRE 6 • Que reste-t-il de l’identité inuite ? 217
Le rôle crucial de l’identité collective 219
L’importance de l’identité culturelle 222
La règle du 80-20 225
L’échec des solutions généralement préconisées et la règle du 80-20 227
L’éveil de la minorité 229
La mise en œuvre de politiques de tolérance zéro 233
L’utilisation de sondages scientifiques en vue de stimuler le changement social 239
Une perspective critique sur la théorie des deux psychologues 246
CONCLUSION • Des raisons d’espérer ? 267
Un système d’éducation bilingue 272
L’école de la toundra 277
Bibliographie 283
Table des matières 293